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Manifeste

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Ce Manifeste a été été diffusé à la veille de la Manifestation du 22 janvier « Journée nationale de la psychiatrie ». Il est proposé à la signature de chacune et chacun. Il est un appel à réinventer une psychiatrie émancipatrice du sujet.

Pour un renouveau des soins psychiques

La psychiatrie et la pédopsychiatrie n’en peuvent plus. Depuis déjà plusieurs décennies, ceux qui les font vivre ne cessent de dénoncer leur désagrégation et de lutter contre le déclin dramatique des façons d’accueillir et de soigner les personnes qui vivent au cours de leur existence une précarité psychique douloureuse. En vain le plus souvent. Ce qui est en crise, c’est notre hospitalité, l’attention primordiale accordée à chacun et à un soin psychique cousu-main, à rebours du traitement prêt-à-porter standardisé qui se veut toujours plus actuel. Les mouvements des hôpitaux du Rouvray, Le Havre, Amiens, Niort, Moisselles, Paris… ont su bousculer l’indifférence médiatique et rendre visible au plus grand nombre le chaos qui guette la psychiatrie. Pour percer le mur du silence, il n’aura fallu rien de moins qu’une grève de la faim …
Devant cette régression organisée, nous nous engageons tous ensemble à soigner les institutions psychiatriques et à lutter contre ce qui perturbe leur fonctionnement. Patients, soignants, parents, personnes concernées de près ou de loin par la psychiatrie et la pédopsychiatrie, tous citoyens, nous sommes révoltés par cette régression de la psychiatrie qui doit cesser. Il s’agit pour nous de refonder et construire une discipline qui associe soin et respect des libertés individuelles et collectives.
Contrairement à la tendance actuelle qui voudrait que la maladie mentale soit une maladie comme les autres, nous affirmons que la psychiatrie est une discipline qui n’est médicale qu’en partie. Elle peut et doit utiliser les ressources non seulement des sciences cognitives, mais également des sciences humaines, de la philosophie et de la psychanalyse, pour contribuer à un renouveau des soins axés sur la reconnaissance de la primauté du soin relationnel. Notre critique de ce qu’est devenue la psychiatrie ne peut faire l’impasse sur la responsabilité de ses gestionnaires.
Les avancées de la recherche scientifique ne peuvent durablement être confisquées par des experts auto-proclamés dont les liens avec l’industrie pharmaceutique sont parfois suspects. Les savoirs scientifiques ne doivent pas servir d’alibi à des choix politiques qui réduisent les sujets à un flux à réguler pour une meilleure rentabilité économique. Nous sommes face à une véritable négation du sujet et de sa singularité, au profit de méthodes éducatives, sécuritaires ou exclusivement symptomatiques. Les interdits de pensée sont devenus la règle d’une discipline où l’on débat de moins en moins. La psyché humaine est tellement complexe qu’elle n’obéit à aucune causalité, simple et univoque, et se moque des réductions idéologiques. Toute approche privilégiant une réponse unidimensionnelle est nécessairement à côté. Nous récusons, dès lors, toute politique d’homogénéisation des pratiques. Une politique qui détruit la cohérence des équipes et instrumentalise la parole des patients fige la capacité d’inventer à force d’injonctions paradoxales, dans la nasse de discours sans épaisseur et mortifères.
Aussi, si les budgets de la psychiatrie et de la pédopsychiatrie, sans cesse rognés depuis des années, doivent être largement revalorisés, comme l’exigent toutes les mobilisations actuelles, c’est l’appauvrissement des relations au sein des lieux de soins qui est notre souci premier. La standardisation des pratiques protocolisées déshumanise les sujets, patients et soignants. Le recours massif aux CDD courts, le tarissement organisé de la formation continue, l’inadéquation des formations initiales qui privilégient cours magistraux et visionnages de DVD sans interactions entre les étudiants et leur formateur, contribuent à la désagrégation des équipes au sein desquelles le turn-over est de plus en plus important. La continuité des soins et la cohésion des équipes en sont durablement compromises. Nous devons opposer à cet état de fait la spécificité de la maladie psychique, qui sous-tend la nécessité d’une approche singulière et d’un travail spécifique d’équipes pluridisciplinaires en institution psychiatrique ainsi que dans le médico-social, et la co-construction d’alliances thérapeutiques fécondes avec les personnes accueillies. C’est tout le monde de la psy et des psys, en institution ou pas, qui est concerné.
Nous voulons en finir avec l’augmentation continuelle du recours à l’isolement et à la contention, la contrainte doit cesser d’être la norme. Le droit des patients, hospitalisés ou non, est régulièrement ignoré, volontairement bafoué. Cette violence institutionnelle, régulièrement condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, touche en premier lieu les soignés, mais affecte aussi les soignants. La psychiatrie et le secteur médico-social doivent pouvoir s’appuyer sur des équipes stables avec des personnels non interchangeables quel que soit leur statut. Ils doivent pouvoir bénéficier d’un assise solide qui autorise la parole et propose de véritables évolutions de carrière.
Au-delà du soin, nous voulons travailler à des accompagnements alternatifs, nouer des liens équilibrés avec les différentes associations qui œuvrent dans la cité. Nous voulons multiplier les lieux qui cultivent le sens de l’hospitalité avec un accueil digne et attentif aux singularités de chacun.
Nous nous engageons à participer, organiser, soutenir tout débat, toute action ou mouvement cohérent avec ce manifeste, avec tous les professionnels, leurs syndicats, les collectifs, les associations de familles et d’usagers, et l’ensemble des citoyens qui souhaiteraient soutenir et développer une psychiatrie émancipatrice du sujet.
Debout pour le Printemps de la psychiatrie !

Vos signatures sont à envoyer à l’adresse mail : [email protected]

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Communiqué du 30 avril 2019

Communiqué :  Avec le printemps de la psychiatrie est venu le printemps des urgences et des libertés publiques.

Le printemps de la psychiatrie apporte son soutien et se joint à la mobilisation des services d’urgence partout dans le pays contre la dégradation des conditions d’accueil des patients et de leurs proches. Le printemps de la psychiatrie s’associe à ce combat pour la dignité des personnes en précarité physique, psychique et sociale et pour la dignité de celles et ceux qui les soignent tant au quotidien que dans les situations d’urgence.

Pour la psychiatrie, les services d’urgences sont l’un des dispositifs sous pression du fait de la dégradation des conditions d’accueil et de la non prévention des crises et des pathologies aiguës. Faute de temps, faute de personnels formés, faute de moyens, faute de conception de ce qu’il faut en psychiatrie pour qu’une situation aiguë ne se transforme pas en situation d’urgence, les dispositifs de dernier recours sont toujours plus sollicités.

La déconstruction de réelles pratiques de prévention au profit de pratiques de court terme aggrave l’engorgement des urgences par des personnes ayant des troubles psychologiques ou psychiatriques qui se retrouvent sans soins ou sans assez de soins.

La déconstruction du travail social, des services publics de la petite enfance au grand âge favorise l’arrivée aux urgences de personnes qui auraient pu s’en passer.

L’agressivité ou la violence qui peuvent se présenter aux urgences sont aussi le révélateur de la violence de la société, des décideurs politiques et d’un modèle économique qui abandonnent les personnes ayant des troubles psychiatriques à leur sort, qui abandonnent les équipes tentant de les accompagner dignement au quotidien, qui abandonnent les soignants des urgences les prenant en charge en dernier recours une fois que l’urgence est dépassée.

Cette situation de catastrophe est aggravée par des pratiques de contentions florissantes aux urgences comme a pu le révéler le contrôleur général des lieux de privation de liberté avec sa recommandation en urgence lors d’une visite dans un centre hospitalier.

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Là aussi, les contentions sont révélatrices d’un problème structurel : celui l’abandon de la relation interhumaine comme l’une des thérapeutiques essentielles pour toute personne malade.

Par ailleurs, le printemps de la psychiatrie s’indigne de la constitution d’un fichier criminalisant encore plus le mouvement social des gilets jaunes, comme cela a été révélé par le Canard enchaîné.

Dans le champ psychiatrique, nous rappelons que l’ensemble des personnes hospitalisées sous contrainte sont déjà fichées depuis la circulaire Collomb de mai 2018.

Des associations de psychiatrisés (CRPA), la CNIL, des syndicats de professionnels (USP, SPH) et des associations de famille (UNAFAM) se sont mobilisés auprès du conseil d’État pour dénoncer ce fichier, véritable casier psychiatrique assimilant les personnes malades à des potentiels terroristes.

Nous appelons donc à la mobilisation contre tout type de fichage réduisant les libertés publiques à leur portion congrue et faisant des professionnels de santé des auxiliaires d’une politique autoritaire et sécuritaire.

Le printemps de la psychiatrie sera partie prenante des mobilisations du 1er mai 2019 et du 9 mai 2019.

Le Printemps de la Psychiatrie

Manifestation du 1er Mai :

RDV à 13 h au Métro Vavin Pepper Mason Melbury Coleamp; Mill Salt TwOkZPiuXpour former une cortège « psychiatrie-santé-social »

L’évènement Facebook  ici

[email protected]

La page Facebook du Printemps

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Grève festive en pédopsy le 17 avril

Compte rendu de la journée de mobilisation du 17 avril du Collectif de la pédopsy du 19ème en lutte

Le collectif de la pédopsy du 19ème est né en 2016 porté par les mouvements sociaux contre la Loi travail et la nécessité de réagir aux regroupements des hôpitaux parisiens (Loi Bachelot, Loi Touraine, Loi santé 2022 de Buzin).

Localement, nous avons été en lutte pour la défense de nos budgets de formation et nous nous sommes également opposés au contrat de pôle ( cf. notre AppelHomme Euro Homme Femme New Puma Basket York basket Yankees Bmw basket EIeDH9YW2b).

Face aux attaques graves que subit la psychiatrie depuis des années, le collectif a été à l’initiative d’une mobilisation qui s’est traduite par une journée de grève en lien avec le mouvement du Printemps de la psychiatrie et les Semaines De La Folie Ordinaires.

Ce mouvement a pris la forme d’une grève d’occupation (dite journée de grève porte ouverte). Deux mois de travail et de nombreuses assemblées générales ont été nécessaires pour construire et donner du sens à cet événement. Nous avons voulu marquer cette journée en donnant un coté festif car la grève doit être aussi joyeuse par ce qu’elle libère dans son intemporalité et permet la réappropriation de nos actes et de nos pensées.

Pour démarrer cette matinée, nous avions invité le groupe de musique Binobin avec qui des soignants travaillent quotidiennement dans le cadre de groupes thérapeutiques avec des adolescents. Musique traversée par le soleil et les cultures multiples des autres continents. Puis la Compagnie des clowns, spectacle animé par des soignants artistes, a fait son apparition pour mettre une ambiance conviviale, drôle et pleine d’humour. Enfants et adultes, chacun a pu s’y retrouver et rire de bon cœur.

Puis est venu le temps de l’information et des débats auprès des familles et des partenaires sociaux de l’arrondissement, un moment tout à fait exceptionnel, peut-être inédit, par son caractère rassembleur. Jusqu’à ce jour personne sur notre secteur n’avait osé imaginer un espace aussi ouvert où, soignants, familles, partenaires du secteur du social, de la santé, de l’éducation, de l’associatif, du syndicalisme et des élus politiques pouvaient se retrouver pour évoquer les graves attaques de nos services publics et les difficultés liées à l’accueil et aux soins. Cette journée d’échanges et de rencontres a été une réussite et nous a rendu visibles mais elle sera à développer dans le temps pour produire des liens solides et rassembleurs qui permettront de nous battre ensemble face aux politiques néolibérales.

En amont de la préparation de cette journée d’actions, nous avons fait un gros travail d’information auprès de tous les acteurs de l’arrondissement et avons participé à de nombreuses réunions avec les enseignants et familles qui subissent des attaques (Loi Blanquer) identiques à nos réformes hospitalières. Notre présence dans ces réunions a rendu visible notre lutte mais a aussi lancé une dynamique tout à fait intéressante dont nous imaginons qu’elle pourrait déboucher sur des formes de solidarités actives au sein de nos quartiers. Créer des convergences de luttes est aujourd’hui une nécessité que nous allons essayer de construire et développer avec tout le monde. C’était aussi le but de cette journée porte ouverte.

Le repas participatif a ensuite permis des échanges et des rencontres plus individualisées comme par exemple avec les journalistes venus relayer l’information de cette journée.

Tout au long de la journée, un piquet de grève a été installé à l’extérieur avec nos banderoles pour informer et faire signer notre pétition.

L’après-midi a été marquée par la visite des représentants de la direction du G.H.U inquiets de voir se dérouler pareille manifestation. Les journalistes et notamment France Inter qui enregistrait l’émission « Comme un bruit qui court » ont été sommés de sortir du lieu car n’ayant (soit disant) pas l’autorisation du G.H.U. Nous sommes alors tous sortis en compagnie de ces journalistes, ce qui a donné lieu à quelques échanges assez vifs. Cette tension a duré un bon moment car nous étions constamment observés par les mouchards qui s’étaient introduits dans notre espace de lutte. Remettre en cause l’excellence de l’image du G.H.U et leur politique de communication hypocrite est bien entendu insupportable pour nos gestionnaires qui s’efforcent d’étouffer toute contestation. Il est important de rappeler que nous avons eu de nombreuses pressions de la direction pendant plusieurs semaines pour que cette journée porte ouverte n’ait pas lieu.

Pour le collectif de la pédopsy du 19ème, cette journée est une réussite à plusieurs niveaux. Sa visibilité a été très importante et surtout elle a permis des échanges et des rencontres précieuses pour l’avenir. Elle a contribué à souder l’ensemble des équipes du secteur et plus particulièrement le collectif. Cette journée a donné une formidable énergie à tout le monde pour continuer à construire cette lutte et à l’élargir.

 

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Collectif Pédopsychiatrie du 19ème en lutte

Appel du Collectif Pédopsychiatrie du 19ème en Lutte !

Venez nous soutenir le 17 avril 2019, au 114 avenue de Flandre

Nous sommes des soignants du secteur de pédopsychiatrie du 19ème arrondissement de Paris en lutte contre les politiques anti-sociale et la casse de nos services publics.
En 2016, nous nous sommes constitués en collectif, portés par les mouvements sociaux contre la loi travail du gouvernement Hollande et la nécessité de réagir aux regroupements (qui ont eu lieu au sein) de nos hôpitaux Parisiens dans une indifférence quasi générale imposés par à la loi HPST de 2009 dites « Loi Bachelot » et renforcés par la loi Santé « Tourraine » en 2016.Femme Rouge Basket Adidas Et Blanche K1lcFJ 

Au sein de notre secteur nous avons organisé de nombreuses manifestations en lien également avec d’autres collectifs du secteur social et médico-social (19ème côté adulte et 10ème côté pédopsychiatrie, la commission « action travail social », la commission « psy-soins-accueil », etc.).
Nous sommes en lutte localement pour la défense de nos budgets de formation et notamment pour le droit à la formation individuelle. Nous nous sommes également opposés au contrat de pôle (délégation de gestion) qui consiste à faire de nous des gestionnaires soumis aux dictats de la toute-puissante administration. Nous luttons également pour la défense de nos associations de secteur que l’administration incite outrageusement à transformer en caisses de gestion des budgets de secteur ou à faire disparaître comme dans de nombreux secteurs de psychiatrie et de pédopsychiatrie. 

Une attaque au long cours 

Cela fait plusieurs années que la pédopsychiatrie publique connaît de graves attaques idéologiques et financières de la part des gouvernements successifs, mettant à mal notre capacité à répondre à nos missions. Nous sommes au quotidien auprès d’enfants ayant besoin de soins psychiques nécessitant du temps, de la disponibilité psychique des soignants, ce qui se traduit par la possibilité de les recevoir régulièrement ainsi que leurs parents, mais aussi par le fait de travailler le lien avec les partenaires que sont l’Education Nationale, l’Aide Sociale à l’Enfance, mais également les institutions médico-sociales et les associations de quartier. Grâce à ce travail, nous pouvons tisser autour de l’enfant un maillage sur-mesure à même de le soutenir dans ses potentialités. 

Nos outils de travail sont l’accueil, l’écoute, le jeu, la parole, des sorties, des séjours, mais surtout du temps pour penser en équipe les enfants que l’on accueille et la liberté de pouvoir modifier le cadre institutionnel en fonction de chacun d’eux. En effet, nous accueillons bien des enfants et leur famille et non pas des pathologies ou des troubles. Des enfants qui viennent avec leur histoire singulière et qu’aucun cadre préexistant, aucun protocole ou classification diagnostique ne peut saisir dans sa globalité. Nous nous appuyons sur des concepts théorico-cliniques qui empruntent à différentes approches : psychodynamiques, psychanalytiques, développementales, éducatives et cognitivo-comportementales. On peut appeler cela de la psychothérapie institutionnelle, de la sociothérapie ou encore des pratiques intégratives, après tout peu importe. Il s’agit de pouvoir être- là, créatifs chaque jour auprès des enfants, de tenter de comprendre quelque chose de leurs aliénations psycho-sociales, de leur « être-empêché » et de leur permettre ainsi de s’appuyer sur la relation thérapeutique pour s’apaiser, changer, et de poursuivre leur vie dans les meilleures conditions. 

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Ce travail, lorsqu’il est possible, permet à beaucoup d’enfants de pouvoir entrer en relation, c’est-à- dire de pouvoir dire, de leur place, ce qui se passe pour eux mais aussi d’entendre ce que les autres ont à leur dire. Lorsque nous en avons les moyens, ce travail permet aux enfants de se libérer de leurs angoisses et donc des souffrances multiples qu’elles engendrent. Autrement dit, nous pensons simplement les aider, avec leur environnement proche, à être sujet d’eux-mêmes et à être le plus épanouis et heureux possible. 

Pour de nombreuses familles, le travail psychothérapeutique effectué en CMP permet à l’enfant de reprendre une vie de famille apaisée, une scolarité qui était devenue impossible, une vie sociale qui était entravée, etc. Dans d’autres situations, cela se traduit parfois par « des petits riens » plus difficiles à objectiver : un regard, la possibilité de jouer, de partager un jeu avec un autre enfant, ou encore la possibilité pour certains parents de sortir dans la rue avec leur enfant ou de prendre les transports lorsque ce n’était pas possible avant. Mais « ces petits riens » sont en fait les signes d’importants changements subjectifs.
Et c’est ce travail, de rencontre et de lien, qui est attaqué par les mesures autoritaires et liberticides que nous combattons aujourd’hui ! 

La mise en place des Groupement Hospitalier Universitaire, énorme fusion qui vise à réduire les coûts, apporte un lot de mesures incompatibles avec le cœur de notre activité: 

Nous subissons le passage en force d’une Organisation du Temps de Travail (OTT) imposée par la direction du nouveau GHU Psychiatrie-Neuroscience. De nombreuses protestations se sont faîtes entendre, une grève a eu lieu, mais la direction a gardé le même cap, à l’instar de nos gouvernants autoritaires. Cette OTT inadaptée nous pousse à recevoir les enfants moins longtemps et moins souvent sous le prétexte fallacieux de pouvoir recevoir plus de familles et ainsi de tenir la cadence des demandes.
Mais nous n’y arrivons plus depuis longtemps déjà ! Sur notre secteur, il y a aujourd’hui des centaines d’enfants qui attendent une première consultation depuis plus de six mois à un an. Nous sommes en flux tendu permanent et nous perdons des jours de congés. L’épuisement général se fait sentir. De plus en plus de soignants partent en arrêt maladie ou bien quittent tout simplement le service public. La qualité des soins s’en trouve gravement atteinte. Alors que dans le même temps, le 19ème arrondissement a vu sa population augmenter de 10 000 habitants en 10 ans et 20 000 en 20 ans, sans augmentation des effectifs soignants.
Nous réclamons au moins le double de nos effectifs actuels pour mener à bien notre mission de service public. Et nous réclamons la liberté de choix des équipes dans leur Organisation du Temps de Travail. 

Nous subissons également une baisse de moyens en matière de formation. Nous avons perdu l’équivalent de 11000 euros de budget formation en 2016 soit 50% de notre budget initial. C’est pourtant le poumon de nos métiers qui alimente notre pratique clinique au quotidien auprès des enfants. Elle nous permet d’enrichir nos pratiques, de les questionner, bref de remettre de la pensée là où parfois elle s’épuise…
Nous avions créé une commission formation (la loi HPST de 2009 instaurait la création de ces instances décisionnelles sans en définir un mode particulier de fonctionnement). Cette commission était un véritable outil de démocratie autogestionnaire où chaque profession et chaque unité fonctionnelle du secteur était représentée. Ce mode d’organisation avait ouvert des espaces de réappropriation1 de nos outils de travail où étaient liées pratique clinique et formation. Nous avions pu construire ainsi des formations plus adaptées à la réalisation de nos projets cliniques. Aujourd’hui par exemple nous peinons à suivre des formations d’orientation analytique, qui sont pratiquement absentes des nouveaux plans de formation. A l’inverse, apparaissent de plus en plus de formations aux méthodes comportementales.
Nous exigeons donc le maintien d’un budget de formation à hauteur de 22000€, ainsi que la possibilité de travailler démocratiquement le choix de nos formations en commission. 

Nous subissons la dotation des activités quotidiennes et du matériel (c’est à dire l’enveloppe de secteur qui concerne l’achat de jeux, jouets etc.) en fonction de la file active (nombre de nouveaux patients pris en charge par an). Cet alignement a été entériné par la signature du contrat de pôle qui lie la cheffe de pôle avec l’administration. C’est une des raisons pour laquelle nous nous étions battus en 2016 afin d’empêcher cette signature de passer en silence comme dans de nombreux services. Mais en vain.
Comme la quasi-totalité des services de psychiatrie et pédopsychiatrie, nous sommes ainsi soumis à la VAP (Valorisation de l’Activité en Psychiatrie) qui n’est rien d’autre qu’une Tarification à l’Acte (T2A) amenuisée (car elle n’influe pas sur la masse salariale). Cette organisation gestionnaire vise uniquement une logique de rentabilité. Cette dernière s’accompagne de moyens informatiques de contrôle qui nous oblige à saisir des actes pour alimenter des données en ce qui concerne la file active ce qui nous fait perdre de l’énergie et un temps soignant conséquent. Chez nous, ce logiciel s’appelle Cortexte, et les données saisies permettent en retour de mettre en compétition les unités fonctionnelles du secteur. 

Ces pratiques de rationalisation du travail digne des grandes entreprises nous mettent en grande souffrance éthique. Il y a de moins en moins de place faite à la confiance et à l’intelligence collective.
Nous souhaitons mettre un terme à ces outils de contrôle gestionnaire ! Organisons la grève des outils de gestion numérique, (cortexte(s) et cie !!) 

Nous subissons les recommandations de bonnes pratiques (traduire «directives ministériels ») de la HAS (Haute Autorité de Santé) s’appuyant sur une prétendue « scientificité » qui n’est souvent que du scientisme au bénéfice de lobbies cherchant à vendre des méthodes « toutes faites » qui promeuvent la prescription de médicaments. Ces directives font pression pour que les équipes adoptent de façon systématique des méthodes qui ne conviennent pas à tous les enfants.
Nous n’avons pas besoin de méthode. Encore une fois, nous avons besoin de liberté et surtout de temps pour accueillir les enfants et leurs familles. Nous avons besoin de confiance pour élaborer collectivement des soins adaptées à chacun d’eux. Les lobbies, la secrétaire d’état, certaines associations de parents d’enfants, nous attaquent, alors que nous sommes déjà à terre. Il s’agit d’une véritable instrumentalisation de la souffrance des patients et de leurs parents.
A l’heure où la place est donnée aux start-up en santé mentale et à la financiarisation de ce secteur (le concept de « décloisonnement » dans le projet de loi « ma santé 2022 »), où l’on parle de désinstitutionnalisation des enfants handicapés, de la dé-psychiatrisation des enfants autistes, de plus en plus de parents sont laissés pour compte. Ils doivent s’arrêter de travailler parce que les enfants sont déscolarisés et sans aucune solution de prise en charge institutionnelle. Ces parents ont bénéficié de « l’excellence » des CHU en matière de diagnostic et d’orientation…
Bravo l’inclusion ! Mais quelles solutions sur le long terme ?

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Nous exigeons l’arrêt des recommandations de « bonnes pratiques », véritable usine à gaz qui cache la campagne de désinvestissement de l’Etat en matière de soin gratuit pour les enfants. 

En 2017, la direction a demandé aux associations de secteurs (notamment les clubs thérapeutiques) de se mettre en conformité avec la loi de 2016, dite de modernisation de notre système de santé, qui oblige ces associations à signer une convention avec l’établissement. Ce type de convention est censée permettre aux associations de secteur de continuer à fonctionner avec des soignants salariés, dans les locaux de l’hôpital et en recevant une subvention du service financier de l’établissement (environ 4000 à 8000€). L’association de secteur est un outils de soin en ce qu’il tend à la fabrication du collectif au sein de l’hôpital psychiatrique, en permettant aux patients et aux soignants d’avoir un espace de vie démocratique, en se projetant ensemble dans des activités diverses ayant trait à la culture, la vie de quartier, les loisirs, bref, tout ce qui permet de modifier un peu le contexte social, même localement, pour le rendre plus vivable ou en tout cas moins pathogène. La loi change simplement les missions générales de l’association pour en faire « une association en santé mentale » devant mettre en œuvre un projet thérapeutique visant les soins, la prévention, la réadaptation et la réhabilitation des patients. Le problème est que la direction profite de cette mise en conformité pour introduire une règle ne relevant pas du texte de loi. Par exemple, elle impose par le biais d’une convention-type que notre associations de secteur (l’AUSA 19) gère la globalité de l’enveloppes de secteurs allouée aux activités thérapeutiques, achat de matériel, courses quotidiennes etc. (soit 20 000 à 40 000€). Si nous refusons, elle menace tout simplement de ne pas passer de convention, ce qui entraînerait in fine sa dissolution. Or, nous savons qu’il s’agit pour la direction de pouvoir se décharger d’une tâche de gestion qu’elle ne parvient plus à remplir pour que ce soit les soignants qui s’en chargent via l’association.
La Coordination des Associations de Maison-Blanche s’est constituée en réaction à cette campagne et œuvre depuis plus d’un an à défendre la spécificité des associations de secteur. 

Nous nous battons actuellement pour que nos associations (conventionnées) puissent continuer à être subventionnée avec la possibilité pour les soignants d’œuvrer à la vie de l’association avec les patients et les familles sur du temps salarié et dans les locaux de l’établissement, comme cela est encore le cas aujourd’hui. 

Nous refusons la délégation de gestion des activités thérapeutiques via les associations pour des raisons pratiques, éthiques et idéologiques. Nous ne pouvons pas gérer, nous soignants et patients, des budgets s’élevant de 20 000 à 40 000€. Nous ne pouvons pas prétendre à un fonctionnement démocratique en gérant les activités thérapeutiques qui serait inféodées au Chef de Pôle qui a le pouvoir de décider seul des orientations de soin. 

Nous y voyons aussi et surtout le glissement vers un mouvement plus global de privatisation des soins en santé mentale en amenant les soignants à intérioriser des préoccupations gestionnaires et à s’habituer à fonctionner à partir d’appels à projets et de partenariats publics/privés. 

Ces mesures abjectes sont appuyées par une véritable campagne communicationnelle. Nous recevons chaque semaine des dizaines de mails du GHU-communication relayant tel article sur l’excellence de notre hôpital ou telle proposition de start-ups en innovation sanitaire (E-santé mentale).
Nous réclamons l’arrêt des financement des campagnes de communication pro-GHU par l’établissement, dépenses à nos yeux inutiles ! 

Et nous aurions encore à témoigner de tant de choses … 

Les perspectives de notre combat 

Il est temps de s’organiser et de construire des stratégies politiques sur le long terme qui soient partagées par le plus grand nombre. Si chaque hôpital est touché par ces politiques de façon spécifique et en fonction des arrangements ou des luttes locales, il est aujourd’hui plus que nécessaire de construire un rapport de force large et rassembleur. 

Nous, soignants de la pédopsychiatrie du 19ème, pensons que les logiques à l’œuvre ne sont pas le fruit d’erreurs de parcours ou d’incompréhension en ce qui concerne notre travail. Toutes ces attaques servent un plan élaboré. Le projet futur des technocrates pour notre secteur peut se résumer ainsi : réduire nos missions afin de les limiter à effectuer des bilans et à poser des diagnostics sur les enfants. Cela a déjà commencé dans de nombreux CHU. Dans ce cadre, les soins seraient assurés par le milieu associatif et le libéral. Ce sera donc une « pédopsy guichet » ou «low-cost » qui n’accompagne plus, ni ne soigne, les enfants et leur famille, même les plus démunies, au quotidien et sur le long terme, et qui ne travaille plus avec ses partenaires (l’école, l’Aide Sociale à l’Enfance, la PMI etc.), qui souffrent déjà par ailleurs eux-mêmes de coupes budgétaires et d’attaques en tout genre (La dernière « Loi Blanquer » pour citer un exemple)… 

Nous sommes déterminés à nous opposer à cette désagrégation programmée de la pédopsychiatrie publique, ici comme partout ailleurs !
Homme Euro Homme Femme New Puma Basket York basket Yankees Bmw basket EIeDH9YW2bCes politiques s’attaquent en effet également aux secteurs du social, du medico-social, de l’éducation nationale et à tous les métiers de l’humain et de l’éducation de nos enfants. Il est impératif de construire un front large, déjà amorcé par de nombreux mouvements, notamment celui des gilets jaunes, pour nous rendre visible et rendre visible les populations les plus précaires avec lesquelles nous travaillons ! Il nous faut travailler aux bases d’une solidarité populaire capable de repenser le bien fondé de nos secteurs. « On juge du degré de civilisation d’une société à la façon dont elle traite ses fous » disait Lucien Bonnafé. Si la psychiatrie est la loupe grossissante de notre société alors n’attendons plus pour élargir et structurer nos luttes ! 

Nous nous battons pour construire une pédopsychiatrie humaine et respectueuse des enfants, de leur famille et des personnels soignants. Nous nous battons pour une meilleure répartition des richesses et un service public en bonne santé. Nous nous battons contre ce gouvernement autoritaire au service des lobbies, de la finance et du patronat ! 

C’est pourquoi nous démarrerons une grève sur notre service le 17 avril prochain. Rendez- vous au 114 avenue de Flandre dès 9h30 pour une journée de mobilisation festive ! 

9H30 ACCUEIL
10H00 POINT INFORMATIONS
10H30 GROUPE DE MUSIQUE ‘‘binObin’’
11H00 SPECTACLE DE CLOWN ‘‘La Chouquette’’ 

11H30 DISCUSSIONS ET ÉCHANGES 

12h30 REPAS PARTICIPATIF / PARTAGEZ VOS PETITS PLATS !! Camuflage Mode Geox Conception Femme Running D44n1a Baskets Ok80PnwX

14H30 POINT PRESSE + ÉCHANGES ET DÉBAT INTERVENTION DES ACTEURS DU QUARTIER 17H00 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

Contact : [email protected] 

 

Un délégué sans lien, ni conflit d’intérêt ?

Un délégué interministériel sans lien, ni conflit d’intérêt ?

Ce mercredi 10 avril, le professeur Franck Bellivier, a été nommé délégué interministériel à la psychiatrie. La création de ce poste inédit aurait pu réjouir les soignants de psychiatrie mais le choix d’un chercheur issu des neurosciences et proche de Fondamental les a profondément déçus voire révoltés. Un professionnel au fait de la psychiatrie de secteur et des soins aurait davantage convaincu et rassuré à un moment où la psychiatrie doit faire face à un présent particulièrement morose. Cette nomination apaisera-t-elle des soignants mobilisés contre le manque de moyens et l’absence de pensée du soin ? Il est permis d’en douter.

Pas de déclaration de liens d’intérêt

Tout psychiatre qui publie un article dans une revue ou qui participe à un groupe de travail (par exemple à la H.A.S.) est astreint à remplir des documents mentionnant ses éventuels liens et conflits d’intérêt. La loi oblige le médecin à être exhaustif. Le moindre repas offert, le moindre hébergement doivent apparaître. Il est permis de trouver cette volonté de transparence un tantinet obsessionnelle. Il n’empêche, tout personnel médical y est tenu.

Tous ? Non.

Le délégué interministériel à la santé dont le rôle politique a été mis en exergue par de nombreux commentateurs semble, à l’heure actuelle, en être dispensé. Est-ce normal ? S’il ne l’a pas fait diront les naïfs c’est qu’il n’en a pas. Les plus soupçonneux remarqueront que ses liens avec les laboratoires sont tus depuis bien longtemps. S’agit-il bien d’ailleurs de conflit d’intérêt ? Ses intérêts ne sont-ils pas les mêmes que ceux d’Astra-Zeneca et autres Servier ? Le silence alimente la suspicion c’est bien connu.

Non, non pas de lien d’intérêts

Que trouve-t-on sur Internet concernant notre nouveau délégué ? Le 23/12/2015, un article dont il est le co-auteur est mis en ligne : « Prévention et traitement : l’aide d’internet aux consommateurs de cannabis ».  Déclare-t-il des liens d’intérêt ? Non aucun. Cannabis, Internet, ces liens ne sautent pas aux yeux. La loi pourtant recommande… Taisez-vous ! Vous êtes de la vieille psychiatrie.

Continuons notre navigation. En 2013, deux ouvrages dont il est un des co-auteurs sont publiés :

-Les antidépresseurs, Ed. Lavoisier, collection « psychiatrie », Aout 2013. Il rédige le chapitre 14. Traitement des dépressions des troubles bipolaires.

-Les antipsychotiques, Ed. Lavoisier, collection « psychiatrie », Décembre 2013. On lui doit le chapitre 8 Les antipsychotiques dans les troubles bipolaires.

Il est difficile mais éthique, sur une telle thématique, d’être indépendant des laboratoires. Déclare-t-il avoir un conflit d’intérêt ? Non aucun conflit en lien avec le texte publié. La loi dit que … Ta gueule !Bleurougeblanc De Foot Psg Skills Ballon Nike OZuTPXiwk

Et pourtant, un certain nombre de ses co-auteurs (Cottencin, Lançon, Limosin, Llorca, Rolland, etc.) déclarent des liens d’inégales importances avec différents laboratoires pharmaceutiques. Il ne nous importe pas de savoir s’ils sont exhaustifs ou non. Ils déclarent et Bellivier, notre futur délégué ne le fait pas. J’ai relu son texte pour vérifier. Lorsqu’il écrit en fin d’article : « Au contraire, le profil d’efficacité dans les épisodes dépressifs est très variable d’une molécule à l’autre, avec une spécificité qui se dessine en faveur de la quiétapine » il le fait en tant qu’expert indépendant ou en tant que chercheur lié à Astra-Zeneca ? On peut décider que la formule est prudente, peu affirmative, qu’elle l’engage peu. On peut aussi s’étonner.

Vraiment pas de liens d’intérêt ?

Il n’en a peut-être vraiment pas ?

Le 6 juin 2013, à Strasbourg, au Palais des Congrès, 111ème Congrès de Psychiatrie et de Neurologie de Langue Française, qui voit-on intervenir au Symposium des Laboratoires Otsuka, entre 11h45 et 13h15 ? Le Pr. Bellivier lui-même sous le titre : « Valeur pronostique et fonctionnelle de la symptomatologie résiduelle dans les troubles bipolaires »

Oh oh ! Il aurait donc tu ses liens avec un laboratoire ? Quelle confiance lui accorder ? Comment les usagers très sensibles à ce genre de cachotteries vont-ils réagir ?

En fait si, un peu mais pas beaucoup

L’encéphale est une revue sérieuse et un peu austère. Notre futur délégué écrit dans l’article : « Déficits cognitifs des troubles bipolaires : repérage et prise en charge » (L’Encéphale (2012) Supplément 4, S151-S154) : « F. Bellivier : Conférences : invitations en qualité d’intervenant (AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, Lundbeck, Otsuka) ; Conférences : invitations en qualité d’auditeur – frais de déplacement et d’hébergement pris en charge par une entreprise (AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, Lundbeck, Otsuka). Les liens sont reconnus en 2012 mais pas en 2013 ?

Un peu de transparence

Que dit la loi ? « Article L4113-13· Modifié par LOI n°2016-41 du 26 janvier 2016 – art. 115. « Les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et des établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou avec des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de faire connaître ces liens au public lorsqu’ils s’expriment sur lesdits produits lors d’une manifestation publique, d’un enseignement universitaire ou d’une action de formation continue ou d’éducation thérapeutique, dans la presse écrite ou audiovisuelle ou par toute publication écrite ou en ligne. Les conditions d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil d’Etat. Les manquements aux règles mentionnées à l’alinéa ci-dessus sont punis de sanctions prononcées par l’ordre professionnel compétent. »

Franck Bellivier, clairement, ne la respecte pas toujours. On peut s’en moquer, considérer que l’on n’est pas concerné. Mais si on le fait, ça a du sens.Homme Euro Homme Femme New Puma Basket York basket Yankees Bmw basket EIeDH9YW2b

Chacun (ou presque, le fichier excel ne facilite pas la lecture) peut de toute façon s’en faire une idée en consultant la base de données publique « Transparence – Santé » qui précise, pour chaque type de lien d’intérêts (conventions, avantages en nature et en espèces et rémunérations), l’identité des parties concernées, la date, le montant, la nature de chaque avantage dès lors que le montant de l’avantage et de la rémunération est supérieur ou égal à 10 euros. Les informations contenues dans la base de données publique Transparence – Santé sont issues de déclarations réalisées par les entreprises. Elles sont mises à jour sur le site deux fois par an et y restent accessibles pendant cinq ans. Les entreprises sont responsables de l’exactitude des contenus publiés. Ainsi le 3 juin 2012, notre futur délégué a-t-il perçu une série d’avantages du laboratoire Servier : 124 euros de transport, 892 euros d’hébergement et 700 euros d’inscription à un congrès. Pas de quoi fouetter un chat. On est très loin d’une retraite chapeau. Qui se ferait acheter pour une somme aussi modique ? Même multipliée ?  Il n’empêche, ça fait tâche, ça alimente le doute.

Une nécessaire clarification

Un lien d’intérêt n’est pas un conflit d’intérêt. Lorsque l’on est un expert reconnu, il est difficile de ne pas avoir de liens d’intérêt avec les laboratoires pharmaceutiques. Ces liens n’aliènent pas forcément l’indépendance du chercheur. L’absence de transparence nourrit par contre toutes les interprétations. Le délégué interministériel à la psychiatrie qui est sûrement quelqu’un de très honnête, au vu des enjeux, ne doit pas prêter le flanc au soupçon. Eclairez-nous !!!

Dominique Friard

 

 

 

Réaction à la nomination de Frank Bellivier

Communiqué du Printemps de la psychiatrie du 11/04/2019Homme Euro Homme Femme New Puma Basket York basket Yankees Bmw basket EIeDH9YW2b

La ministre Agnès Buzyn nomme un psychiatre pyromane pour éteindre l’’incendie de la psychiatrie

Alors que les tenants de la psychiatrie de terrain (infirmiers, aide-soignants, psychologues, psychiatres, travailleurs sociaux…), sont dans la rue depuis de longs mois aux côtés d’’usagers et de familles, qu’’ils se mobilisent, qu’’ils font des grèves de la faim (les Blouses noires du Rouvray), des actions à haute portée symbolique (les Perchés du Havre), qu’’ils font grève pendant plusieurs mois (les Pinel en lutte d’’Amiens, ceux de Niort, Lyon, Saint-Etienne), pour crier leur désespoir face à la destruction du sens profond de leur métier qui est le lien avec les personnes en extrême souffrance, la ministre de la santé vient de nommer comme délégué interministériel

à la psychiatrie Frank Bellivier un médecin qui ne se dit même pas psychiatre mais « expert biomédical en psychiatrie / psychologie, neurosciences et comportement ». Ce professeur est, lui, un représentant de la psychiatrie du lobby FondaMental, psychiatrie de laboratoire, dont le lien privilégié dans le travail est celui avec l’’industrie pharmaceutique. Un professeur qui ne s’’embête pas avec les conflits d’’intérêts. N’’est-ce pas paradoxal qu’’une énorme mobilisation pour le lien relationnel obtienne pour réponse le lien avec les laboratoires pharmaceutiques ?

À un moment où une intense communication contre la psychiatrie se déploie dans les médias et dans la bouche de certains représentants de l’’État, on constate, comme d’’habitude, que cette anti-psychiatrie est à géométrie variable : elle ne concerne pas les psychiatres attachés à la fondation Fondamental, qui ne connaissent pas le travail relationnel au long cours, le lien profond avec les personnes troublées psychiquement, qui les traitent comme des cobayes pour des recherches statistiques, qui sont liés à l’’institut Montaigne (think tank néolibéral créé par Claude Bébéar (AXA) et financé notamment par des laboratoires pharmaceutiques et des assurances) et qui reçoivent des prix Dassault. Ils sont les interlocuteurs souhaités par l’’État.

Déjà le 22 janvier, des collectifs d’’usagers et de soignants s’’indignaient de l’’instrumentalisation de la mobilisation des lieux en lutte au profit des tenants de la psychiatrie « fondamental ». Les psychiatres pyromanes étaient déjà invités partout dans les médias pour expliquer que la psychiatrie souffrait simplement d’’un problème d’’organisation et qu’’il suffisait de leur remettre les clés de cette organisation pour en venir à bout.

C’’est chose faite avec cette nomination. Elle équivaut à la nomination d’un chercheur travaillant pour Monsanto à un poste de délégué à l’écologie.

Ce « délégué » est en effet le bon choix pour continuer à déployer ce que réclame l’’institut Montaigne (qui est aussi à la base de la réforme de l’’éducation par le biais de  l’’association « agir pour l’’école » dans laquelle évoluait le ministre Blanquer avant même sa nomination au gouvernement…), c’’est-à-dire une destruction du service public de psychiatrie, qui garantit un accueil inconditionnel pour chacun, quel que soit son milieu d’’origine et ses ressources, et la promotion d’une psychiatrie qui sert les intérêts de cabinets privés ayant des « innovations » à vendre.

Au nom de la déstigmatisation, cette disparition du service public de psychiatrie va générer un renforcement de la ségrégation et de l’’abandon des personnes qui ne répondront pas à cette politique « fondée sur la science » alors qu’’elle est en réalité fondée sur les intérêts privés de laboratoires et de lobbys. C’’est déjà le cas.

Le Printemps de la psychiatrie dénonce la nomination de Frank Bellivier car elle est, pour le monde de la psychiatrie de terrain, illégitime. Cette nomination est malheureusement dans la suite logique des déclarations de Sophie Cluzel concernant le bannissement de la psychiatrie pour les personnes porteuses de troubles du spectre autistique. Dans les deux cas, c’’est la psychiatrie relationnelle qui est visée tandis que la psychiatrie des intérêts privés est promue.

Nous réclamons des représentants qui nous représentent vraiment : qui réhabilitent des pratiques fondées sur le lien humain et sur l’’autodétermination des personnes, une science dégagée des conflits d’’intérêts, et la notion de service public et de solidarité.

[email protected]

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La pedopsy du 19ème en grève : RDV le 17 avril

 

APPEL DU COLLECTIF PEDOPSYCHIATRIE DU 19ème EN LUTTE :

Grève et manifestation festive le 17 avril

Rendez-vous à 9 h 30 au 114 avenue de Flandre, 75019 PARISBaskets E516j8w8 Givenchy Blanc Chaussures Sport Pour De Homme rdoeBxWC

Nous, soignantes et soignants de la pédopsychiatrie publique du 19ème arrondissement de Paris, sommes de nouveau en grève.

Cela fait plusieurs années que la pédopsychiatrie connaît de graves attaques idéologiques et financières de la part des pouvoirs politiques en matière de Santé Publique, mettant à mal notre capacité à répondre à nos missions.

Nous avons décidé de nous mettre en grève et d’organiser une manifestation festive pour défendre notre secteur, notre éthique de travail et notre attachement au service public.

Cette journée se construit également en lien avec les Semaines De La Folie Ordinaire et le Printemps pour la psychiatrie.

Ce que nous dénonçons :

  • Un hôpital-entreprise débouchant sur une fusion des hôpitaux psychiatriques parisiensEnfant Baskets À Gore Tex Dégriffé Montantes Timberland Prix wOilkXZPuT1 dans des logiques purement gestionnaires.

  • Du temps soignant perdu à remplir des actes sur un logiciel de traçage conçu par des gestionnaires dans un but comptable.

  • Une nouvelle organisation du temps de travail Homme Euro Homme Femme New Puma Basket York basket Yankees Bmw basket EIeDH9YW2bincompatible avec les réalités du terrain passée en force (diminution du nombre de consultations, suppression de temps de réflexion, travail avec les partenaires institutionnels rendu difficile, suppression de RTT, …).

  • L’explosion des demandes de soins sans moyen supplémentaire, 22% en 15 ans avec une augmentation des situations complexes (voir le rapport de l’IGAS 2).

  • Les listes d’attente qui augmentent avec des enfants et adolescents qui attendent depuis plus de 12 mois pour être suivis sur le service (de 100 à 300 demandes)

  • Une baisse des budgets de formation de 50% soit 11000 euros supprimés en 2016.

  • Des techniques de management brutales qui mettent à mal le personnel et la dimension collective de notre travail.

  • Une pression de la direction pour nous imposer la gestion de notre budget de secteur via notre association de santé mentale, opérant ainsi un glissement certain vers la privatisation de nos activités thérapeutiques.

Ce que nous défendons et revendiquons :

  • Des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins de la population en doublant les effectifs médicaux et non médicaux (éducateur, infirmier, orthophoniste, secrétaire, …)

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  • Des locaux adaptés pour un accueil digne des patients.

  • Une hausse des budgets des activités thérapeutiques et des séjours thérapeutiques pour soigner enfants et adolescents dans de bonnes conditions de l’ordre de 20000€ supplémentaires.

  • Des moyens de formations à hauteur des besoins des professionnels soit 25000€ / an.

  • Un temps de réflexion clinique indispensable qui garantit un travail thérapeutique de qualité et du temps pour le travail de réseau avec les partenaires de l’enfance (école, collège, ASE, PMI, etc., …)

  • L’arrêt de la nouvelle organisation du temps de travail.

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  • Une liberté dans le choix de nos références théorico-cliniques et de nos pratiques sans qu’elles soient dictées par des politiques gestionnaires ainsi que par la Haute Autorité de Santé.

  • Une garantie du maintien et du fonctionnement des associations de santé mentale qui financent des actions auprès des enfants et des familles avec du personnel soignant.Homme Euro Homme Femme New Puma Basket York basket Yankees Bmw basket EIeDH9YW2b

  • Une politique de secteur de proximité (un secteur pour 200.000 habitants au maximum).

Cette journée de grève nous permettra de rencontrer les parents des enfants et adolescents que nous suivons, les habitants du quartier, les associations, les écoles et collèges, les partenaires sociaux, les syndicats, les élus et toute personne concernée par la dégradation de nos conditions de travail et d’accueil des enfants ayant besoin de soins psychiques et psychiatriques dans le 19ème arrondissement de Paris.

1 Intégré au Groupement Hospitalier Universitaire Sainte Anne psychiatrie et neuroscience depuis janvier 2019 sans aucune réelle concertation avec le personnel. Regroupement de 5 hôpitaux : Perray Vaucluse, Saint Anne, Maison Blanche, ASM13, Saint Maurice. Ces groupements hospitaliers naissent partout sur le territoire. Cette politique de la sante devrai permettre à l’état d’effectuer 22 milliards d’économies.

 

 

Appel de l’U.S.P. (pétition)Adidas Classic Haute Noir Qualité Femme Baskets Racing Adv Eqt TlcKF1J

Appel : nous, psychiatres en colère, rassemblons nous !

Le 34e congrès de l’USP s’est tenu ces 29 et 30 mars à Besançon. Lors de ce rassemblement, nous avons écouté des ex-grévistes de la faim du Rouvray, des « perchés » du Havre, des militantes de la Psychiatrie parisienne unifiée. Nous avons échangé avec eux longuement et intensément.

La veille, lors d’une réunion-débat, nous avions écouté Charles Piaget, celui qui fut le principal porte-parole de la longue lutte des « Lip », à Besançon, en 1973. Avant-hier comme aujourd’hui, une lutte antihiérarchique est nécessaire et s’impose. Comme Charles Piaget l’a dit de son ton doux en conclusion de nos échanges, nous avons « les mêmes ennemis ». L’auto-organisation est à nouveau à l’ordre du jour, avec l’émancipation sociale comme projet.

Au Rouvray, au Havre, à Amiens, à Niort, à Paris ou à Lyon, la situation qui est faite aux patients hospitalisés est devenue insupportable. Les grévistes de la faim du Rouvray en furent réduits à un engagement de leur corps. Corps qui, pour tous ces soignant.e.s, assignés à un rôle d’exécutant, est en jeu dans les soins du quotidien. Ce sont eux qui nursent, ce sont eux qui piquent, qui vont en « renfort », qui exercent les contentions.

Leur courage exige que nous parlions et agissions, nous aussi.

Nous, psychiatres, sommes ici interpellés quant à notre éthique professionnelle : nous non plus, nous n’acceptons plus que la maltraitance institutionnelle soit la norme dans les services psychiatriques, comme dans les autres lieux de travail.

Nous ne supporterons plus la déshumanisation des soins insidieusement à l’œuvre au travers de la quantité de protocoles à appliquer et d’une nuée de directives, lesquels réduisent nos capacités à penser. C’est l’aboutissement d’un management destructeur et consciemment organisé qui amène les uns et les autres à être sinon directement maltraitants, du moins complices de maltraitance ou indifférents aux maltraitances voisines.

Cela suffit !

Notre travail que nous savons utile, ce savoir-faire dont nous connaissons l’efficacité, sont mis en danger.

Nous, psychiatres, comme tous les autres soignants, nous sommes face à nos responsabilités, plus que jamais, différemment d’auparavant. Nous sommes en colère et déterminés à ne plus nous faire complices par notre silence de cette destruction orchestrée.

La reconquête d’une parole libre, collective, inventive, voilà ce dont les soignants en lutte ont témoigné. De même, dans les années 1970, les années 1968, les ouvriers de « Lip » portèrent cette subversion par la parole qui s’exprimait aussi dans des centaines d’usines, de bureaux, d’universités.

C’est cette parole inventive qui est au cœur même de notre travail, de notre éthique professionnelle, de nos choix de vie. Et nous savons que pour se déployer elle porte en elle une exigence de temps et d’espace. C’est au creux de cette exigence que nous décidons d’ancrer notre lutte.

Nous en appelons à nos consœurs et à nos confrères : si comme nous, vous décidez qu’il est plus que temps de vous engager pour que cessent ces scandales quotidiens que nous vivons, rencontrons-nous, partageons et agissons ensemble. Il nous faut rompre avec l’omerta, il nous faut nous adresser à la population, il nous faut rejoindre les actions du Printemps de la psychiatrie, il nous faut aller sur le chemin ouvert par ceux du Rouvray, du Havre, d’Amiens et tous les autres.

Pascal Boissel (Poitiers), Delphine Glachant (Les Murets), Fanny Rebuffat (Reims)
avec l’accord et le soutien du Conseil national de l’USP

Pour signer cet appel à votre tour : https://www.change.org/p/pascal-boissel-appel-nous-psychiatres-en-col%C3%A8re-rassemblons-nous